Vendredi
Ce matin, je me suis réveillée trop tard, mais j’ai découvert à mon réveil un message de Susanne qui me disait de ne pas me presser, car elle était allée courir et viendrait plus tard. La vie est bien faite.
Comme tous les vendredis, je travaille sur les récapitulatifs de la semaine pour les réseaux sociaux. Cette semaine, j’ai travaillé avec Wieke. Elle, elle travaille sur de la vidéo, des podcasts et de l’organisation de projets.
Nous partageons le bureau entre Wieke, Thom, qui travaille en freelance dans la typographie et le graphisme, et Wijstudio. Wieke refait son site web et j’ai dû m’occuper du design.
En fait, c’est drôle (ou pas), mais au début, quand je suis arrivée, je ne connaissais pas le prénom de Wieke et je n’ai jamais osé le lui demander. Après deux mois de stage, j’ai vu sur le réseau AirDrop « MacBook Pro van Wieke ». C’est comme ça que j’ai su son prénom.
AirDrop, c’est un système intégré dans les ordinateurs qui permet d’envoyer des fichiers aux appareils à proximité. On y voit donc les noms des détenteurs de ces ordinateurs connectés.
Donc, deux mois sans savoir son nom, puis encore plusieurs mois sans savoir son métier. Je ne savais pas ce qu’elle faisait. Maintenant, je sais.
Thom, qui est aussi dans le même bureau sans travailler chez Wijstudio, est un typographe et graphiste indépendant. J’aime vraiment beaucoup ce qu’il fait. La plupart du temps, il dessine des lettrages, des fontes ou des logos, mais il crée aussi des identités visuelles complètes. C’est vraiment joli, surtout que je trouve que dessiner des lettres est très difficile : c’est toute une science.
Cette semaine, j’ai demandé à Wijstudio si je pouvais prolonger le stage. En fait, je devrais finir en février, rentrer à la maison et travailler sur les concours d’entrée pour les hautes écoles. Ce serait encore mieux de pouvoir rester un peu ici et de travailler depuis ici !
C’est un meilleur environnement pour la motivation et les bons conseils. Comme ça, je pourrais travailler pour Wijstudio quelques jours par semaine, et le reste serait dédié à mes examens. Je ne devrais pas m’ennuyer, comme ça.
Ce soir, j’ai vu le concert d’Odezenne !
Au départ, c’est une Française qui a envoyé un message dans le groupe WhatsApp des Français à Amsterdam pour demander s’il y avait des personnes qui y allaient. C’est comme ça que j’ai découvert l’existence de ce concert.
J’ai répondu que j’irais avec plaisir avec elle. Alors c’était aujourd’hui. En fait, ça commençait à 20h30 et je finissais le travail à 17h. C’était long. J’ai soupé, je me suis baladée et, quand j’en ai eu marre de marcher, il était 18h30. Donc j’ai continué de me balader.
L’heure s’approchait lentement et là, je découvre que je me suis trompée d’adresse. Alors je me dépêche de retrouver mon vélo et de me rendre au bon endroit. Finalement, j’étais un peu en retard au rendez-vous avec Élise, mais pas au concert, alors tout va bien.
Le concert commence et c’était vraiment joli. Au tout début, quand les premières notes arrivent, c’est très fort. Ensuite, ça continue et j’ai vraiment beaucoup aimé.
Je connaissais beaucoup de chansons, donc c’était agréable. C’est un style électro-pop. Je n’ai pas l’habitude de voir ce genre de concert, mais les rythmes et les basses sont très forts et ça fait comme des vibrations dans le cœur, on se croirait dans une discothèque. Les lumières étaient magnifiques aussi, en rythme.
Il y avait des moments très doux et très beaux, et d’autres beaucoup plus agités et euphoriques. À ces moments-là, les lumières clignotent très fort et très vite : c’est une impression un peu étrange.
Les textes sont en français, alors j’aime bien. Il y avait énormément de Français, d’ailleurs. Les paroles sont poétiques et parfois absurdes ou cryptiques. C’est un mélange entre mélancolie et énergie : ils parlent de la mort, de l’amour, de la perte. C’est très intéressant.
Et le live est très différent d’une simple écoute en streaming. Ce n’est pas non plus mon groupe préféré, ni mon style préféré, mais j’aime bien et c’est touchant.
Je pense que c’est mon deuxième concert de gens connus : il y a eu Roxette récemment, et maintenant Odezenne.
Voilà, ensuite ça s’est terminé et Élise est partie très vite. On n’a pas beaucoup parlé, en fait. Après, j’avais encore une heure de vélo, j’aime bien, quand il ne pleut pas.
Samedi
Ce matin, à mon réveil, j’ai trouvé des chrysanthèmes et plein de choses alimentaires devant ma caravane.
En fait, j’ai un voisin depuis une semaine, juste devant ma caravane, dans une tente. Il m’a parlé une fois : il m’a dit « Bonsoir ou Grüezi ? Parce que vous êtes Suisse ? »
Je n’ai pas compris comment il avait su que j’étais Suisse, mais il parlait bien français.
Et aujourd’hui, il partait, donc il m’a laissé des choses.
Il y avait des oignons (je n’aime pas les oignons), des pâtes (que je vais garder), de la harissa du Cap Bon dans un tube déjà entamé, de la goulash en boîte de conserve, de la purée de pommes de terre en sachet (mais le sachet avait été ouvert…), de la lessive en poudre, des patates, du thon, de l’ail et, pour finir, du gingembre (je n’aime pas le gingembre non plus).
Il y avait aussi un paillasson en plastique, pas très beau.
J’étais assez surprise. Puis j’ai croisé le voisin et il m’a dit qu’il m’offrait ça car il partait. Il avait offert plein de choses aux autres campeurs également. Il vit dans sa tente, je crois.
Il m’a raconté qu’un jour, il avait offert des chrysanthèmes à un Français et que ça n’avait pas été apprécié à cause de leur valeur funéraire…
Dimanche
Dimanche soir, il y avait un spectacle d’une fille de mon équipe d’impro qui s’appelle Sara. J’y suis allée, parce que c’est bien de voir du monde et de sortir.
Je pensais qu’il y aurait d’autres personnes de l’équipe, mais non.
Le concept, c’est qu’il y a huit personnes qui ont chacune cinq minutes pour présenter un sujet sous forme de PowerPoint. Ça s’appelle
Power Pint.
Le premier parlait d’une publicité sur les costards, le deuxième traitait du narcissisme, le troisième, c’était Sara : elle a parlé de l’hyperhidrose, quand on transpire beaucoup des mains et des pieds.
Le quatrième, c’était un jeu pour gagner un immense ours en peluche.
La présentatrice est arrivée avec un ours d’environ 1m60 de haut et elle l’a fait gagner. En fait, il n’y avait rien à faire : elle a un peu parlé, puis elle est passée dans les rangs du public.
Elle a interrogé plusieurs personnes — des couples, des jeunes, des plus vieux — et après elle est arrivée vers moi. Elle a demandé si on était ensemble avec la personne d’à côté, on a dit non.
Puis elle m’a demandé mon prénom, d’où je venais (j’ai dit de Suisse), si j’avais de l’argent (j’ai dit « un tout petit peu »), et si mon papa avait de l’argent (j’ai dit oui).
Après un petit moment de suspense, elle a annoncé ma victoire !!! J’avais gagné l’ours.
Elle m’a fait venir sur scène et m’a donné l’ours, qui était plus grand que moi. C’était assez cocasse. Elle l’a repris parce qu’elle voyait que je n’arrivais pas à le tenir convenablement.
Je me suis rassise et, à partir de ce moment, je me demandais comment j’allais le ramener, car j’étais à une heure de vélo. Rien que de le rentrer dans la caravane, ce serait difficile.
Juste après, c’était l’entracte. J’ai rejoint Sara et trois de ses amis que je ne connaissais pas. Il y avait Alessandro, Juan et une fille qui ne m’a pas dit son prénom. Ils sont Italiens et Espagnols.
On a un peu discuté, c’était vraiment sympa de parler avec des gens.
Le spectacle a repris avec une présentation sur « Comment confronter un tricheur ? », puis sur Wikipédia — plus précisément sur la page
The Public Universal Friend —, puis sur le fait d’« overthink », et finalement sur le fait de s’être fait arnaquer en achetant un billet de concert de Taylor Swift.
Toutes les présentations étaient vraiment très drôles, j’ai beaucoup aimé (surtout que j’avais gagné un ours). Peu importe les sujets choisis, c’est toujours drôle : c’est surtout la façon de raconter.
Finalement, c’est Sara qui a gagné !
À la fin, j’ai revu la dame de l’ours avec mon ours, et elle m’a dit que c’était une blague, en fait… Pas d’ours, alors. J’étais très déçue.
À la fin, on a encore un peu parlé avec Sara et ses amis, c’était vraiment super chouette. Ensuite, je suis rentrée.
Ce spectacle était vraiment super, parce qu’il avait été bien préparé et qu’il était vraiment très, très drôle.
Aussi, je pense que je m’améliore en anglais, parce que je comprends bien ce qui se dit.